Le problème
Lors d’un épisode caniculaire, la température de nombreux appartements devient difficilement supportable, en particulier dans les logements avec peu d’ouvertures. Dès que l’air extérieur devient plus frais que l’air intérieur, une période favorable s’ouvre : l’objectif est d’évacuer la chaleur stockée dans l’air.
Les méthodes et avis divergent pour la suite. Vaut-il mieux ouvrir en grand et laisser agir la convection naturelle ? Placer un ventilateur devant la fenêtre pour expulser l’air chaud ? Le retourner pour faire entrer l’air frais ? Ou l’éloigner afin que son aspiration entraîne un volume d’air plus important ?
Ces gestes semblent intuitifs, mais estimer leurs effets est moins évident qu’il n’y paraît. Une vitesse élevée devant la fenêtre ne signifie pas que l’ensemble du logement est mieux renouvelé. Pour départager ces stratégies, SIL3X a construit un cas d’étude progressif, depuis un modèle thermique simple jusqu’à une simulation CFD tridimensionnelle.
Quel phénomène est à l'origine de l'écoulement ?
La température modifie la densité de l’air
À pression voisine de la pression atmosphérique, l’air chaud est légèrement moins dense que l’air froid. Sous l’effet de la gravité, il tend à monter tandis que l’air plus frais et plus dense tend à descendre. Lorsque l’appartement est plus chaud que l’extérieur, cette différence crée un déséquilibre de pression sur la hauteur de la fenêtre et met naturellement l’air en mouvement, même en l’absence de vent. Ce mécanisme est à l’origine de la convection naturelle.
L'ouverture sert à la fois d’entrée et de sortie
Bien que le cas d'étude ne comporte qu'une seule ouverture, lorsque l’intérieur est plus chaud que l’extérieur, les profils de pression se croisent à une hauteur neutre de la fenêtre. En dessous, l’air frais entre ; au-dessus, l’air chaud sort. Dire que « la moitié basse aspire et la moitié haute rejette » est une bonne image mentale, mais la hauteur neutre dépend de l’écart de température, de la stratification et des pertes de charge.
Les débits entrant et sortant peuvent être importants tout en se compensant presque en régime établi.
Ce que le ventilateur apporte
Un ventilateur de bureau entraîne l’air environnant au-delà du disque de ses pales. Sa position et son orientation influencent donc la circulation globale. Placé trop près de l’ouverture et mal aligné, il peut créer un court-circuit : l’air frais entre, est immédiatement repris par le ventilateur et rejeté dehors sans avoir traversé le logement.
Un placement efficace doit favoriser une circulation à l’échelle du volume : l’air chaud des zones éloignées est amené vers la fenêtre, tandis que l’air frais entrant atteint les zones occupées avant de ressortir. La vitesse locale devant la fenêtre ne suffit donc pas à juger l’efficacité du balayage.
Une démarche en deux niveaux
Modelica : ordre de grandeur
Avant de se lancer dans une simulation CFD, l'utilisation d'un modèle 0D/1D permet de vérifier les ordres de grandeur. L’air de l’appartement est représenté par un volume parfaitement mélangé. La bibliothèque TAeZoSysPro [1], co-développé par SIL3X et la R&D EDF, est utilisée. L'échange avec l'extérieur est modélisé par une ouverture [2]. Les parois sont modélisées par des capacités et des résistances thermiques. Dans ce modèle, aucune ventilation n'est présente et il n'y a pas de vent.
Figure 1 : Vue du modèle 0D avec la capacité thermique de l’air, parois et ouverture pour l'échange avec l’extérieur.
Le bilan d’énergie de l’air s’écrit :

La Figure 2 représente l'évolution des températures au cours du temps, en bleu la température de l'air à l'intérieur de la pièce, en jaune la température sur la surface des murs et en pointillés, la température extérieure imposée. Dans le cas du modèle 0D, uniquement une température moyenne est évaluée du côté de la salle, et non une température locale. Cela revient à considérer le volume de la salle parfaitement mélangé à tout instant, c'est à dire à considérer une brassage interne dans la pièce. Même avec un débit important, les murs, le plafond et le sol continuent à restituer la chaleur stockée pendant la journée. Le temps caractéristique de renouvellement de l’air vaut τair ≈ V/Q, mais l’inertie réelle est plus grande dès que l’enveloppe est prise en compte. La température sur la surface des murs diminue beaucoup moins rapidement que la température de l'air intérieur. Dans le cas réel, un être humain verrait une température ressentie avec une valeur comprise entre la température de l'air moyenne, et la température des murs qui échangerait avec le corps humain par rayonnement.
Afin d'approcher au mieux les phénomènes locaux, il est nécessaire de passer en 3D.
Code_Saturne : écoulements tridimensionnels
Le second niveau repose sur Code_Saturne 9.2 [3]. Contrairement au modèle 0D, la CFD résout dans chaque maille la conservation de la masse, de la quantité de mouvement et de l’énergie, en suivant simultanément température, vitesse et flux à travers la fenêtre. Cet outils permet de prendre en compte les changements de topologie à l'intérieur du volume d'air ainsi que les hétérogénéité de températures, de vitesses, de pression...
L’appartement mesure 8 × 3,5 × 3 m, soit 84 m³. Il comporte une seule fenêtre de 1,40 × 1,40 m sur x = 0, ainsi que trois murs intérieur, la configuration détaillée est représentée sur la Figure 3.
Figure 3 : Géométrie 3D de l'appartement et domaine aéraulique.
Un domaine extérieur maillé laisse l’air entrer ou sortir librement. La température potentielle est initialisée à 30 °C dans l’appartement et les solides, contre 22 °C à l’extérieur. Tous les cas sont suivis pendant 3 600 s. Les paramètres du modèles CFD sont détaillés dans le Tableau 1.
Tableau 1 : Paramètres numériques de l'étude CFD.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Turbulence | k–ω SST |
| Thermique / flottabilité | Atmosphère sèche, température potentielle, gravité activée ; modèle compressible désactivé |
| Pas de temps | Variable ; environ 0,1 s dans les sorties fournies, avec Comax = 0,5 |
| Rugosité aérodynamique | Aucune sur la façade ; z0 = 0,1 m dans le profil météo et sur le sol extérieur |
| Écoulement extérieur | Environ 1 m/s tangentiellement à la façade |
Représentation du ventilateur
Le ventilateur modélisé est un Rowenta VU2730F0 [4], de diamètre 0,30 m et de débit libre constructeur 0,75 m³/s, soit 2 700 m³/h. Code_Saturne le représente par une zone volumique cylindrique de rayon 0,16 m, avec des pales de rayon 0,145 m et un moyeu de rayon 0,035 m.
Le débit réel résulte du point de fonctionnement entre cette courbe et la perte de charge du système : le débit libre constructeur n’est donc pas imposé dans la pièce.
Tous les cas testés orientent le flux vers la fenêtre, donc vers l’extérieur. L’insufflation, ventilateur retourné vers l’intérieur, n’a pas été simulée : l’étude ne permet pas de classer extraction et insufflation.
Les quatre cas comparés
Tous les cas partagent le même maillage, les mêmes réglages numériques et le même traitement du sol extérieur. Seuls varient la présence du ventilateur, sa hauteur et sa distance à la fenêtre. Les différentes configurations sont détaillées dans le Tableau 2.
Tableau 2 : détails des différentes configurations retenues ainsi que les résultats moyennés.
| Cas | Ventilateur | Position (x ; y ; z) | Durée | Remarque |
|---|---|---|---|---|
| Référence | Non | 60 min | ||
| Extraction basse | Oui | (1,0 ; 2,5 ; 1,75) m | 60 min | Proche fenêtre |
| Extraction haute | Oui | (1,0 ; 2,5 ; 2,45) m | 60 min | Proche fenêtre |
| Extraction fond | Oui | (5,0 ; 2,5 ; 2,45) m | 60 min | Fond de pièce |
Comment interpréter les résultats ?
L’analyse s’appuie sur trois familles d’indicateurs complémentaires :
- La température moyenne du volume d’air intérieur, utilisée pour comparer la vitesse globale de refroidissement.
- Les températures aux sondes situées en bas et en haut de fenêtre, au centre et en haut de pièce sont utilisées pour mesurer la stratification et l’homogénéité.
- Les champs de vitesse, glyphes et lignes de courant, observés depuis l’intérieur puis depuis l’extérieur, pour déterminer si le jet franchit réellement l’ouverture ou se referme en boucle près de la façade.
Cinq sondes ponctuelles sont placées à (0,5 ; 2,5 ; 1,5) m et (0,5 ; 2,5 ; 2,5) m près de la fenêtre, (4,0 ; 1,75 ; 1,5) m au centre, (4,0 ; 1,75 ; 2,7) m en partie haute et (−0,5 ; 2,5 ; 2,0) m à l’extérieur.
Pourquoi le débit traversant la fenêtre n’est pas représenté
L’intégrale des vitesses entrantes sur le plan de la fenêtre donne un flux brut de franchissement. Elle compte chaque passage à travers cette surface. Si un paquet d’air sort, tourne juste devant la façade puis rentre de nouveau, il est compté une fois à la sortie et une fois à l’entrée sans avoir été évacué vers le domaine extérieur lointain. Le rapport de ce flux brut au volume de la pièce surestimerait alors le renouvellement d’air réellement utile.
Avec une seule ouverture et sans autre fuite modélisée, la conservation de la masse impose en outre un flux net presque nul à travers l’ensemble de la fenêtre en régime établi : toute sortie doit être compensée par une entrée sur une autre partie de l’ouverture. Les valeurs de débit sont donc écartées de la comparaison. Un traceur passif ou un calcul d’âge de l’air serait nécessaire pour mesurer un renouvellement effectif.
Résultats
Comparaison globale
Tous les cas présentent deux phases : une baisse rapide au cours des 10 premières minutes, puis un ralentissement dû notamment à la chaleur restituée par les parois. Après une heure, la température moyenne vaut 26,7 °C sans ventilateur, 24,8 °C avec le ventilateur bas près de la fenêtre, 24,4 °C avec le ventilateur haut près de la fenêtre et 26,1 °C avec le ventilateur haut au fond de la pièce.
Cas de référence : fenêtre seule
Dans le cas de référence, en absence de ventilateur, il est possible de comparer la température moyenne dans le volume à celle obtenue en approche 0D. La Figure 6 représente l'évolution de la température moyenne pour le modèle CFD (courbe bleue pointillés) et de la température de l'air pour le modèle 0D (courbe bleue traits pleins).

Figure 6 : Comparaison de l'évolution des températures entre le cas 0D et le cas CFD en absence de ventilateur.
La dynamique et l'écart de température entre les deux modèles est proche malgré une géométrie interne difficile à capture en 0D. La température de l'air est sous estimée par le modèle 0D, ce qui était attendu car le modèle 0D suppose que l'air est supposé mélangé à tout instant, hors le cas CFD montre une hétérogénéité de température, rapportée dans le Tableau 3 et visible sur la Figure 7.
Tableau 3 : température moyenne dans la pièce et locales aux bords de la fenêtre à différents instants.
| Grandeur | Premier relevé | 15 min | 30 min | 60 min |
|---|---|---|---|---|
| Température moyenne de l’air | 30,93 °C à 10 s | 26,90 °C | 26,72 °C | 26,68 °C |
| Sonde température Bas de fenêtre | 30,89 °C à 2 s | 26,51 °C | 26,46 °C | 26,42 °C |
| Sonde température Haut de pièce | 31,05 °C à 2 s | 28,03 °C | 27,55 °C | 27,50 °C |

Figure 7 : champ de température en absence de ventilation.
L’ouverture seule crée un échange bidirectionnel : l'air frais en bas et l'air chaud en haut. La pièce reste stratifiée, avec 1,1 °C entre le haut de la pièce et le bas de la fenêtre à 30 minutes. À 60 minutes, l’air moyen est encore 4,1 °C au-dessus de l’air extérieur mesuré près de la fenêtre : l’équilibre nocturne n’est pas atteint.
Avec ventilateur : comparaison des performances thermiques
Tableau 4 : comparaisons de l'état final des différents cas CFD.
| Cas | Durée | T au premier relevé (10 s) | T finale | Baisse sur les relevés disponibles | Écart final à la référence |
|---|---|---|---|---|---|
| Ventilo haut proche fenêtre | 60 min | 30,54 °C | 24,43 °C | −6,11 °C | −2,26 °C |
| Ventilo bas proche fenêtre | 60 min | 30,66 °C | 24,85 °C | −5,81 °C | −1,84 °C |
| Ventilo haut fond de pièce | 60 min | 30,76 °C | 26,07 °C | −4,69 °C | −0,61 °C |
| Référence sans ventilo | 60 min | 30,93 °C | 26,68 °C | −4,25 °C | 0 |
Les deux positions proches de la fenêtre donnent les températures finales les plus basses. La position haute atteint 24,43 °C et la position basse 24,85 °C, soit respectivement 2,26 et 1,84 °C de moins que la référence. L’écart de 0,42 °C entre ces deux placements reste modeste au regard des simplifications du modèle. Le ventilateur placé au fond atteint 26,07 °C et ne gagne que 0,61 °C par rapport au cas sans ventilateur.
La Vidéo 1 permet de comparer l’évolution tridimensionnelle de la température dans les quatre configurations. Les vues utilisent la même orientation et la même échelle, comprise entre 22 et 31 °C, afin de comparer la progression de l’air frais, la persistance de la couche chaude au plafond et le niveau d’homogénéisation du logement.
Sans ventilateur, une stratification marquée persiste : l’air plus frais occupe progressivement la partie basse tandis qu’une couche chaude reste sous le plafond. Les ventilateurs placés près de la fenêtre accélèrent le refroidissement d’une grande partie du volume et réduisent davantage cette couche chaude. À l’inverse, le ventilateur placé au fond de la pièce produit un brassage important, mais conserve une température globalement plus élevée. La comparaison thermique montre donc surtout la qualité du brassage et du contact avec l’air frais ; elle ne prouve pas, à elle seule, qu’un volume équivalent d’air intérieur a été évacué vers l’extérieur lointain.
Il est intéressant de comparer de nouveau la température moyenne évaluée en 0D à l'ensemble de température moyenne pour les 4 cas CFD. La Figure 8 représente l'évolution de la température de l'air pour le modèle 0D (courbe bleue en pointillés) par rapports aux températures moyennes des différents cas CFD. Le cas CFD avec le ventilateur au fond de la pièce (courbe violette) reste le plus proche de la courbe 0D parmi les cas ventilés. Dans ce cas 3D, l'air intérieur de la pièce est brassé par le ventilateur, sans pour autant former un jet qui se propage franchement au-delà de la fenêtre. Il en résulte une température homogène à l'intérieur de la pièce, ce qui rapproche ce cas des hypothèses du cas 0D.

Figure 8 : Comparaison de l'évolution des températures entre le cas 0D et les différents cas CFD.
Ce que les trajectoires révèlent à la fenêtre
La baisse de température montre que de l’air plus frais atteint bien la pièce, mais elle ne permet pas d'établir jusqu’où l’air poussé vers la fenêtre est ensuite transporté. Les glyphes et les lignes de courant sont donc observés à plusieurs échelles, depuis l’ensemble de la pièce jusqu’au voisinage immédiat de la fenêtre. Les quatre vues sont ordonnées de la même manière : sans ventilateur en haut à gauche, ventilateur bas proche de la fenêtre en haut à droite, ventilateur haut proche en bas à gauche et ventilateur haut au fond en bas à droite.
Figure 10 : écoulements observés à travers la fenêtre, pour différentes vues plus ou moins rapprochées.
Pourquoi le jet ne se propage-t-il pas franchement à l’extérieur ?
Le ventilateur n’est pas installé dans une gaine étanche : il ne ferme ni la fenêtre ni le reste du logement. Son jet occupe seulement une partie de l’ouverture. Lorsqu’il approche de la façade, il se détend dans le domaine extérieur, entraîne l’air voisin et perd rapidement de la vitesse. Il rencontre aussi l’écoulement présent le long de la façade. Le cisaillement entre ces mouvements courbe les trajectoires et forme une zone de retournement au voisinage immédiat de la fenêtre. Les différents niveaux de zoom montrent ainsi que, surtout pour le ventilateur placé au fond, une grande partie du jet ne poursuit pas sa route vers le champ lointain : elle se replie près de l’ouverture et peut rentrer de nouveau.
Ce retournement n’empêche pas tout échange. De l’air extérieur plus frais pénètre par les zones de la fenêtre laissées libres autour du jet, tandis qu’une partie de l’air intérieur atteint l’ouverture. Le fonctionnement réel est donc simultanément entrant et sortant, et non celui d’un piston qui chasserait tout l’air intérieur en un seul passage. La conservation de la masse impose précisément cette entrée compensatrice puisqu’aucune seconde ouverture ni fuite n’est modélisée.
Gros plan sur la recirculation à la fenêtre dans le cas où le ventilateur est placé au fond de la pièce
La Figure 11 représente une vue de l'écoulement au plus proche de la fenêtre, dans le cas où le ventilateur est situé plusieurs mètres en amont. Ici les glyphes représentent le vecteur vitesse, leur taille dépend de la norme de la vitesse et la couleur représente la température de l'air. L’air intérieur chaud, visible en rouge, atteint bien l’ouverture, mais les trajectoires se courbent fortement à son voisinage et une part importante du mouvement retourne vers la pièce. Parallèlement, de l’air plus frais peut pénétrer autour de cette zone. Le ventilateur met donc l’air intérieur en mouvement jusqu’à la fenêtre sans pour autant produire un jet durablement établi dans le domaine extérieur.
Recirculation au voisinage des ventilateurs
Des boucles apparaissent au voisinage de la zone volumique qui représente le ventilateur : une partie de l’air accéléré revient vers sa zone d’aspiration sous l’effet de l’entraînement et des gradients de pression. Cette recirculation locale ne signifie toutefois pas que le ventilateur tourne « dans le vide ». Les trajectoires périphériques montrent que de l’air continue à être aspiré, à contourner la zone du ventilateur ou à rejoindre le jet principal. L’appareil brasse donc bien un volume plus large, mais seule une fraction de ce mouvement correspond à un transport durable vers l’extérieur.
Températures aux sondes en fin de calcul
Tableau 5 : températures aux sondes au dernier instant disponible (3 598 s).
| Cas | Durée | Bas fenêtre | Haut fenêtre | Centre | Haut pièce | Étendue |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Référence | 60 min | 26,4 °C | 27,4 °C | 26,6 °C | 27,5 °C | 1,1 °C |
| Ventilo bas proche | 60 min | 24,1 °C | 23,2 °C | 24,8°C | 25,3 °C | 2,1 °C |
| Ventilo haut proche | 60 min | 23,1 °C | 24,0 °C | 24,3 °C | 25,0 °C | 1,8 °C |
| Ventilo fond pièce | 60 min | 25,9 °C | 26,2 °C | 25,9 °C | 26,2 °C | 0,3 °C |
Les sondes des deux configurations proches de la fenêtre s’étendent de 23,1 à 25,3 °C. Le cas « fond de pièce » est le plus uniforme, avec seulement 0,3 °C d’étendue, mais sa température moyenne reste plus élevée : l’homogénéité mesure le brassage, pas l’efficacité du refroidissement.
Discussion
La température de l’air n’est qu’une partie du confort
Un ventilateur améliore aussi la sensation de fraîcheur par convection sur la peau, indépendamment de la température moyenne de l’air. Cette étude porte sur le refroidissement du logement et l’organisation des écoulements, pas sur un modèle complet de confort thermique.
Les parois freinent le refroidissement nocturne
Sur les 45 à 60 minutes simulées, les parois intérieures restent proches de 30–31 °C, tandis que l’air atteint 25–27 °C. L’air représente une faible capacité thermique devant l’enveloppe : une ventilation nocturne doit durer plusieurs heures pour refroidir au moins partiellement les murs.
La référence n’est pas un cas en absence de vent en façade
Le module météorologique de Code_Saturne génère environ 0,9 m/s le long de la façade. Le cas sans ventilateur combine donc flottabilité et écoulement extérieur ; il ne représente pas la convection naturelle pure. La structure de l’échange et la hauteur neutre pourraient différer par temps réellement calme.
Le modèle de ventilateur reste simplifié
La zone volumique et la courbe Δp(Q) représentent l’action moyenne du ventilateur, sans géométrie détaillée des pales. Seul le mode extraction a été testé. Le nombre de mailles, l’indépendance au maillage et des coupes comparables de température et de lignes de courant ne sont pas documentés ici. Aucun traceur passif ni âge de l’air n’a été calculé : le renouvellement effectif n’est donc pas quantifié. Les valeurs doivent être lues comme une comparaison entre quatre variantes d’un même modèle, et non comme des performances universelles garanties.
Conclusion
Dans ce cas simulé, la fenêtre seule fait passer la température moyenne de 30,93 à 26,68 °C entre le premier relevé disponible et la fin de l’heure simulée. L’échange combine flottabilité et écoulement extérieur ; il reste bidirectionnel, tandis que les parois continuent de restituer leur chaleur.
L’ajout d’un ventilateur orienté vers la fenêtre et placé à environ 1 m de l’ouverture améliore nettement le résultat thermique : la température finale atteint 24,43 °C en position haute et 24,85 °C en position basse, soit 2,26 et 1,84 °C de moins que la référence. L’écart de 0,42 °C entre les deux hauteurs ne suffit pas à établir une règle générale.
Le ventilateur placé au fond refroidit moins, avec 26,07 °C à la fin du calcul, mais homogénéise davantage la pièce. Les visualisations expliquent ce contraste : le jet brasse l’air intérieur et atteint la fenêtre, mais il se replie largement dans le proche extérieur au lieu de se propager vers le champ lointain. Le flux brut traversant le plan de la fenêtre ne doit donc pas être confondu avec un renouvellement d’air effectif.
Recommandation pratique pour cette configuration
Dès que l’extérieur devient plus frais, ouvrir grand la fenêtre et placer le ventilateur orienté vers l’extérieur, à hauteur de l’ouverture et à environ 1 m derrière, en laissant une section libre autour du jet pour l’entrée compensatrice d’air frais. Le laisser fonctionner tant que l’air extérieur reste plus frais. Cette recommandation repose sur le résultat thermique des cas simulés ; elle ne constitue pas encore une mesure du renouvellement d’air effectif.
Pour aller plus loin
- Comparer l’insufflation à l’extraction, non testée ici.
- Étudier d’autres distances, par exemple 0,5 m et 2 m, et d’autres géométries de fenêtre.
- Documenter l’indépendance au maillage et comparer des coupes CFD à échelles identiques.
- Confronter les températures et le renouvellement effectif à des mesures par traceur dans un appartement réel.
Références
[1] P. Borel, R. Moulouel, F. Marsollier et A. Chupin, TAeZoSysPro: A Modelica Library for Thermal Aeraulic and Buildings Thermodynamics Calculations, DOI 10.3384/ecp218293.
[1] M. W. Liddament, Air Infiltration Calculation Techniques – An Application Guide , AIVC, Coventry, EMPA Dübendorf, Haustechnik (1989)
[2] EDF R&D, Code_Saturne 9.2 - Documentation utilisateur, code-saturne.org.
[3] Rowenta, Turbo Silence Extreme+ VU2730F0, Ø 30 cm, débit libre constructeur 45 m³/min.